• Ciel de janvier par marie Sophie

     

    Sais-tu-toi le ciel,

    La route de pervenche

    L’arbre éclot...

     

    La terre lasse

    Là bas loin du soc

    Et des sillons

    Quand elle s’élève au dessus des feuillus

    Pour se perdre éphémère

    Dans le ciel marin

    Aux rives en  échancrures de brume

     

    Sais-tu-toi,

    Le ciel

    Quand La terre

    D’Oiseaux, mordorée

    Fils et filles de mille envolées

    Viennent doucement se poser

    Sur le labour

    Fraîchement retourné

    Avant de disparaître au milieu de la nuée

     

    Dites-moi, toi

    Le pas qui tremble

    La dague au cœur enfoncée

    Le mal jaloux

    La danse des effrénés

    Et la musique

    Suaire des mondes

    Où vont s’endormir innocents

    Ceux que l’âme veut oublier...

     

    Sais-tu toi

    La route que s’arrachent sur la terre

    Les mal aimés

    Le labeur des négligés

    La geste des autres

    Les indignes

    Que l’opulence avérée

    Contemple d’un noir regard

    Soupesant sans le dire

    Le prix de leur vie

     

    Sais-tu-toi le ciel

    La terre des anges

    Le pays des fées

    Ce "moi" de mai…

    L’été …

    Le cycle des saisons qui demeurent

    Et la moisson…

    Le pain de froment encore chaud

    Et la sève

    Comme un sang nouveau

    Qui ranime la terre...

     

    Sais-tu toi le ciel...

    La route de pervenche

    Pays des anges

    Et des mille envolées

    Le retour de l’amante

    Et de la rosée...

     

    Sais-tu toi le ciel..

    Des indignes

    Le pays des négligés

    Nous que les dieux contemplent

    Et qui construisons un ciel de mai…

     

    Sais-tu toi le ciel...

    Viendrez-vous avec nous

    Là où se termine le chemin…

    Au Pays des anges

    Là où naissent les fées

    Ils auront pour nous

    Le miel de l’enfance

    et la tendresse des étoiles envers les nouveaux nés

     

    Sais-tu toi

    Si tu viendras

    Avec nous

    là où le ciel nait avec la rosée

    Ensemble nous y renaîtrons fils et fille de l’éternité

     

    Sais-tu toi le ciel...

     

     

     

    Yves drolet

    mercredi, 16 novembre 2011

     

    http://poesiesamitie.freetzi.com/lespagesyvesdrolet.htm

     

    Ciel de janvier par Marie Sophie (photo)

    Musique: Solitude par Viola martin

    Partager via Gmail Yahoo! Google Bookmarks Blogmarks

    votre commentaire
  • Quelque mots de complicité

     

     

     

    Quelques mots parfumés, rosés

    Pour le livre de notre avenir.

    Quelques lettres échevelées

    Pour t'aimer à loisir...

     

    -°-

     

    Quelques larmes si tendres

    Cachées, tel l'oiseau peureux

    Quelques fleurs pour me comprendre

    Séchées pour deux amoureux.

     

    -°-

     

    Quelques lignes de " toujours "

    Couchées sur le ventre du papier

    Quelques murmures trop courts

    Etouffés sous ton oreiller.

     

    -°-

     

    Quelques désirs de bonheur

    Evaporés dans le silence

    Quelques notes volées pour cette heure

    Passée à t'aimer dans ton absence…

     

      

     

    Marine Garnier 17/01/2002

     

      

     

    -°-

     

      

     

    Quelques mots versés par la plume

    aux coulis des longues amitiés.

    Quelques mots mousseux de brumes

    aux secrets des pensées voilées.

     


    -°-

     

    Quelques mots en fleurs tracés

    au parfum des silences exhalés.

    Quelques mots sinuant le parchemin

    aux méandres du destin.

     


    -°-

     

    Quelques mots peints sur le vélin

    aux pastels d'or et d'airain.

    Quelques mots, source des souvenirs,

    aux augures d'avenir.

     


    -°-

     

    Quelques uns de vos mots

    au chant de votre écho:

    " Quelques mots parfumés, rosés "

    pour tremper l'âme, l'y diluer.

     

     

     

    Éloix, 18/01/2002

     

    Image: La lettre (toile).

    Musique: 1000 mots de Noriko Matsueda

     

    Partager via Gmail Yahoo! Google Bookmarks Blogmarks

    3 commentaires
  • Le bonheur & Si je savais encore prier

     

    Tu dis que le bonheur est la crème de la vie.

    Tu dis qu’il voyage aussi bien avec le soleil que la pluie.

    Qu’il se noie dans les larmes de l’ami(e).

    Qu’il pause sur les amoureux épris.

     

    Tu dis que le bonheur est la main :

    Qui caresse le visage de l’enfant,

    Qui essuie la joue d’un chagrin,

    Qui s’offre au passant.

     

    Tu dis que le bonheur est la prière

    Qu’inspire la toile du maître.

    Qu’il est le chant du poète,

    Qu’il est la musique des conteurs de la terre.

     

    Tu dis que le bonheur est d’état divin,

    Qu’il est le vécu du quotidien.

    Qu’il est l’instantané,

    La seconde d’une éternité. 

     

     

    Tu dis, tu dis et plus tu en dis je crois

    Que le bonheur se fraie un chemin en moi.

    S’il te plait, dis m’en davantage

    Qu’il en devienne mon mirage.

     

    Éloix

     

    Si je savais encore prier

     

    Si je savais encore prier

    À quel Dieu pourrais-je m’adresser ?

    Enfant je possédais peut-être cette vertu.

    Maintenant je ne sais plus.

     

    Avec quel Seigneur, Prophète, Brahma, Bouddha puis-je dialoguer ?

    Depuis l’innocence de ma jeunesse tous se sont vus démystifiés.

    Moi, je ne demandais pourtant qu’avoir, le soir venu, quelqu’un à me confier,

    Sorte de journal intime parlé.

    Voilà! Vous n’existez plus.

    Et moi je suis mots nus.

     

    Vous les savants de l’Essence,

    Vous les scientifiques à tout expliquer,

    Vous les ramoneurs de piété,

    Vous avez nettoyé la conscience

    Des cendres des perfidies

    Pour n’y laisser que le vide du lais.

     

    Et c’est bien cela qui me torture

    À personne je ne peux plus faire ma lecture.

    Ah! Parfois j’aimerais vous dire…

    Mais vous êtes aussi sourds que vos Menhirs. 

     

    Attendez un peu !

    Voilà que je vous ferai à tous outrage :

    Je viens de trouver un Dieu.

     Autant pour vos babillages.

    Tous en moi noyés en creux.

      

      

    Ce soir je vais prier

    Un Dieu que jamais on a nommé

    Car il ne fut pas, ne sera, n’est.

    Il n’est pas secret,

    Il n’est que ce qu’il pourrait. 

     

    Viens-là Dieu !

    J’ai pour toi bien des aveux.

     

    Éloix

    11/2011

      

     Musique: prayer.

     

     

     

     

    Partager via Gmail Yahoo! Google Bookmarks Blogmarks

    votre commentaire
  • Vents de novembre

     

    Vents de novembre

     

     

    Je voudrais te dire que l’été est encore là

    Mais je ne le peux pas.

    Il n’y est que pour moi

    Qui pense encore à toi.

    Et même si novembre est le mois

    Moi, je ne suis qu’en juillet

    Avec encore à la main ce bouquet,

    Ces premières roses tu sais

    Que, coeur fébrile, je t’offrais.

    Quels beaux diamants dans tes yeux je vois;

    Quel grand amour ils scintillent pour moi.

    À travers les vents du temps je t’entends;

    Ta voix me murmure tout aussi tendrement:

    Nous serons deux éternellement.

    Et dans la lumière de ton soleil présent,

    Seul je ne me sens.

     

    - - -

     

    Il ne veut pas partir

    Vers ces mois de glacis et d’oubli;

    Il ne veut pas partir

    Cet été qui s’alanguit

    Sous les arbres démunis.

    Il ne veut pas partir.

    La bise est tiède et à rire.

    Il ne veut pas partir;

    Tant encore lui reste à vivre.

     

    - - -

     

    Ma main caresse tes cheveux

    Et mon baiser tarit la source à tes yeux.

    Regarde le ciel est toujours bleu

    Et mon amour pour toi tout aussi radieux.

    Je sais pourquoi tu pleures;

    Sois sans craintes et peurs.

    Là... Endors-toi dans mes bras,

    Je veille sur toi.

    Sens, le vent se fait douillet;

    Quand tu t’éveilleras ce sera juillet

    Et moi je te tendrai un bouquet:

    Les roses de l’amour,

    Celui qui me baume toujours.

     

    - - -

     

    Bel été tu peux partir

    Avant que l’hiver ne te fige

    De ses vents glaciaux qui font frémir.

    Va, tu peux partir.

    Jusqu’au moment de ton dégivre

    En moi tu pourras vivre.

    Je te ferai un autre berceau,

    Tisserai ton paillis nouveau.

    Quand tu ouvriras les yeux

    Sur un prochain juillet,

    Je serai ton Mage majestueux

    Et te tendrai un bouquet...

     

    - - -

    Vents soufflez tant qu’ouragans,

    Vous n’éloignez que la poussière du temps.

    Juillet m’est plus que mille ans,

    Avec mon bouquet j’attends.

    Le soleil est en moi, rayonnant.

    Vents, vous êtes impuissants.

     

     

    Jeudi de novembre,

     

    Éloix

     

    Vents de novembre (Texte, musique, image) :

     http://eloix.freetzi.com/vent%20de%20novembre.htm

    Partager via Gmail Yahoo! Google Bookmarks Blogmarks

    2 commentaires
  • J'arrive ou je suis étranger

    J'arrive où je suis étranger

    (Louis Aragon)

     

    Rien n'est précaire comme vivre
    Rien comme être n'est passager
    C'est un peu fondre comme le givre
    Et pour le vent être léger
    J'arrive où je suis étranger
    Un jour tu passes la frontière
    D'où viens-tu mais où vas-tu donc
    Demain qu'importe et qu'importe hier
    Le coeur change avec le chardon
    Tout est sans rime ni pardon
    Passe ton doigt là sur ta tempe
    Touche l'enfance de tes yeux
    Mieux vaut laisser basses les lampes
    La nuit plus longtemps nous va mieux
    C'est le grand jour qui se fait vieux
    Les arbres sont beaux en automne
    Mais l'enfant qu'est-il devenu
    Je me regarde et je m'étonne
    De ce voyageur inconnu
    De son visage et ses pieds nus
    Peu a peu tu te fais silence
    Mais pas assez vite pourtant
    Pour ne sentir ta dissemblance
    Et sur le toi-même d'antan
    Tomber la poussière du temps
    C'est long vieillir au bout du compte
    Le sable en fuit entre nos doigts
    C'est comme une eau froide qui monte
    C'est comme une honte qui croît
    Un cuir à crier qu'on corroie
    C'est long d'être un homme une chose
    C'est long de renoncer à tout
    Et sens-tu les métamorphoses
    Qui se font au-dedans de nous
    Lentement plier nos genoux
    O mer amère ô mer profonde
    Quelle est l'heure de tes marées
    Combien faut-il d'années-secondes
    A l'homme pour l'homme abjurer
    Pourquoi pourquoi ces simagrées
    Rien n'est précaire comme vivre
    Rien comme être n'est passager
    C'est un peu fondre comme le givre
    Et pour le vent être léger
    J'arrive où je suis étranger

     

    Louis Aragon: http://lapoesiequejaime.net/aragon.htm

      

    Musique: Concerto en E, Zbigniew Presner

    Partager via Gmail Yahoo! Google Bookmarks Blogmarks

    4 commentaires


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique