• Une chanson

     

    Neige qui tombe en confettis,
    C'est une nuit qui dort sans bruit.
    Des cheminées, fantômes s'enfuient
    Sans un seul cri.

    Les réverbères, lumières glacées,
    Givrent la rivière de mes pensées.
    Blottie au chaud des souvenirs,
    L'âme soupire.

    Et fuit le temps hors de moi,
    J'entends un coeur tout près qui bat,
    C'est Grand-Maman de sa douce voix
    Qui me chante tout bas:

    Une chanson de sa jeunesse,
    Une mélodie pleine de tendresse,
    Avec des mots qui sont caresses
    Sons de coton.

    "Que reste-il de nos amours,
    Que reste-il de ces beaux jours ?"
    Il reste encor chère Grand-Maman
    Ces doux instants.

    "Que reste-il de nos vingt ans,
    Que reste-il des vieux amants ?"
    Il reste encor chère Grand-Maman:
    Petits-enfants.

    C'est une nuit
    Qui dort sans bruit,
    La neige tombe en cheveux gris,
    Une chanson, tout doucement, berce mon lit.

    Éloix

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  • Mémoire sous la lune

     

     

    C’est déjà l’Avent…

    L’avant de quoi ? Dirait notre enfant.

    Hum ! Tu sais : l’attente de l’Enfant.

    L’enfant de qui ? Elle est enceinte maman ?

    E… On peut dire cela de Maman.

    Bien voyons donc ! Son ventre n’est pas rond.

    En fait il s’agit de notre Maman à tous.

    Ah!  Je crois que là tu pousses.

    Bien sûr que non ! 

     

     

    Moi je n’ai qu’une maman;

    Elle n’attend pas un enfant,

    Elle est mère de juste moi.

    Mais non, mais non !

    Celle qui est mère de nous, de moi,

    De toi.

    Et cette Maman a un nom.

    Et qui est ?

    Le sais-je moi qui elle est ? 

     

     

    Revenons avant tu veux bien ?

    Bon! J’y reviens.

    C’est déjà l’Avent.

    Dans quatre semaines naîtra l’Enfant

    Que tout le monde attend.

    Et pourquoi tout le monde l’attend ?

    Pour sauver le monde de Satan.

    Et c’est qui Satan ?

    Est-ce son parent ?

     

     

    E… C’est le Méchant.

    Et qui est le bon ?

    Voyons ! C’est l’Enfant.

    Ah ! Et son nom ?

    Emmanuel.

    Qui est sa mère ?

    Notre Mère éternelle.

    Qui est son Père ?

    Notre Père éternel.

     

     

    Et c’est qui les parents de Satan ?

    C’est un Ange déchu; il n’a aucun parent.

    Écoute, là tu pousses vraiment.

    E… c’est compliqué tu sais;

    Revenir plus tard sur ce point il me faudrait.

    Ton histoire est toute mêlée.

    Tu viens de l’inventer ?

    Tes professeurs ne te l’on jamais racontée ?

    Ils ne content que des vérités.

     

     

    Revenons à l’Avent…

    Écoute papa, restons au présent.

    Ah! Et pourquoi ?

    Bien moi, l’histoire qui me revient en ce moment,

    C’est une nuit de froid mordant,

    Un blizzard montant,

    Les voitures ensevelies dans le stationnement,

    Autour de la table les enfants, les parents, les grands-parents.

    Tu sais, comme toutes les nuits de Noël d’avant.

     

    Et papa… Ce sera dans pas longtemps.

     

     

      

    Éloix

    Décembre 2011

    Musique : Memories under the moonlight

     

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  • Et que sais-je ? Écho de Régine Foucault

     

     

      

    Et que sais-je de la nuit

    De la lumière

    Derrière

    Mes paupières

     

    Les rêves glissent

    Sous l’apparence lisse

    D’un visage endormi

     

    Les étoiles s’effacent

    Dans l’espace

    Mais  brillent encore

    Longtemps après l’aurore

     

    Suffit-il que je les voie

    Pour qu’elles soient ?

      

     

    L’univers

    Surgit de l’univers

    Et le temps

    Du temps

    L’un est l’autre et l’autre l’un

    Et  mon rêve d’étoiles

    Tisse l’infini

    Des jours et des nuits

    Et se poursuit

    Au-delà du dit…

     

    Régine

    Le 19 novembre 2011

     

    Photo : Fenêtre givrée dans la nuit. (Flicker.com).

    Musique : Laissez tomber la pluie par Tracey Chapman

     

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  • Que sais-je, écho... Sais-tu toi ?

     

     

      

    Que sais-je

     

    De ce ciel qui plane là-haut

    De ces vivants en bas

    De ces fils et filles

    De cette terre

    De ses mers

    De ce Père

    Qui à tout cela prêta vie

    Que sais-je

     

     

     

    Que sais-je

     

    De la route à suivre

    De la vie à vivre

    Des sentiers de ronces

    Des morts à l’âme à enterrer

    Des jardins aux roses éphémères

     

     

    Que sais-je

     

    Des lilas au parfum de mai

    Des œillets de juillet

    Des amours mariés

    Des moiteurs de l’été

    La nudité des baisers

    Le kiosque des musiciens

      la nuit

    Le Hiboux vient  brailler

    Le divorce des fils et filles de juillet

    Alors que le mois d’août

    Mûrit leur fenaison

    Qu’il faudra engranger

    En pigeonnier

     

    Que sais-je

      

    Vont-ils quand même apprendre à voler ?

    Où étiez-vous mère, père

    Quand on m’a jeté bas du paradis ?

     

     

     

    Que sais-je

     

    De la genèse

    Est-ce l’histoire qu’on ma racontée ?

    Est-ce la science aux vérités ?

    L’univers

    Le soleil

    La terre

    La mer

     

    C’est grand tu sais

    De savoir que nous sommes si petits

    Croire que nous sommes géants

    Vieillir alors que la pureté est enfant

    On dit que la sagesse est l’apanage de l’expérience

    Que la connaissance vient des ans

    Et pourtant

    Que sais-je d’avant et après

     

     

     

    Que sais-je

     

    Le Temps

    Relativité

    Nativité en double vie

    Sommes-nous fils et filles

    En même temps que jumeaux

     

    Que sais-je

    De la folie

    Du génie

    De la ligne droite et des parallèles

    Des algorithmes et de la géométrie

    Du monde, des gens, des animaux, des espaces

    Quand je lève les yeux je ne vois que la courbe de l’air

    Posée tel un dôme

    Sur les vallées, les montagnes

    J’ai le goût de le renverser

    Et voir les fils et les filles battre les bras

    Voulant survivre

    Et les oiseaux apprendre à labourer

    Se cultiver de la parole et l’esprit

    Puis, quelle diablerie en moi,

    De redresser la courbe céleste

    Oups ! Tout va en trou noir

    Le père devra tout recommencer

     

    Fracasser les astres

    Et redistribuer

    L’eau de la rivière à la roue

    La glaise à… Abel

    La côte aux os opalins à Annabelle

    Le levant à l’ouest

    La lune doublée

    Pour mieux inspirer la sérénade

    Ou hurler au désert des oubliés

    Et fils et filles recommencer

    À aimer, multiplier

    Bâtir des foyers

    Laisser les Messagers

    Habiter les pigeonniers

    Y cogiter leurre-voie de la  pierre

    Dans la fiente de leur imaginaire

     

     

    Que sais-je

      

    De ce ciel qui plane là-haut

    De ces vivants en bas

    De ces fils et filles

    Du Souffle dans le vent

    Du mur qui le fend

    M’écartèle d’orient à occident

    M’inhibe

    D’Omniscient. 

     

     

    Éloix

    Écho

    19 novembre 2011

    Musique : Je ne peux pardonner par Lijia Lu

    Photo : Fenêtre givrée par Trekearth Org.

     

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  •  

     

     

    Sais-tu-toi le ciel

    La route de pervenche

    L’arbre éclot…

     

     

     

    La terre lasse

    Là bas loin du soc

    Et des sillons

     

     

     

    Quand elle

    S’élève au dessus des feuillus

    Pour se perdre éphémère

    Dans le ciel marin

    Aux rives en  échancrures de brume

     

     

     

     

     

    Sais-tu-toi,

    Le ciel

    Quand La terre

    D’Oiseaux,  mordorée

    Fils et filles de mille envolées

    Viennent doucement se poser

    Sur le labour

    Fraîchement retourné

    Avant de disparaître au milieu de la nuée

     

     

     

     

     

    Dites-moi : toi

    Le pas qui tremble

    La dague au cœur enfoncée

    Le mal jaloux

    La danse des effrénés

    Et la musique

    Suaire des mondes

    Ou vont s’endormir innocents

    Ceux que l’âme veut oublier…

     

     

     

    Sai- tu toi

    La route que s’arrachent sur la terre

    Les mal aimés

    Le labeur des négligés

    La geste des autres

    Les indignes

    Que l’opulence avérée

    Contemple d’un noir regard

    Soupesant sans le dire

    Le prix de leur vie

     

     

     

    Sais-tu-toi le ciel

    La terre des anges

    Le pays des fées

    Ce moi de mai…

     

    L’été …

    Le cycle des saisons qui demeurent

    Et la moisson…

    Le pain de froment encore chaud

    Et la sève

    Comme un sang nouveau

    Qui ranime la terre…

     

     

     

    Sais- tu toi le ciel…

    La route de pervenche

    Pays des anges

    Et des mille envolées

    Le retour de l’amante

    Et de la rosée…

     

     

     

    Sais-tu toi le ciel…

    Des indignes

    Le pays des négligés

    Nous que les dieux contemplent

    Et qui construisons un ciel de mai…

     

     

     

    Sais-tu toi le ciel...

    Viendrez-vous avec nous

    Là ou se termine le chemin…

    Au Pays des anges

    Là ou naissent les fées

    Ils auront pour nous

    Le miel de l’enfance

    Et la tendresse des étoiles envers le nouveau né

     

     

     

    Sais-tu toi

    Si tu viendras

    Avec nous

    Là où le ciel nait avec la rosée

    Ensemble nous y renaîtrons

    Fils et fille de l’éternité

     

     

     

    Sais-tu toi le ciel…

     

     

     

     

     

    Yves Drolet

    mercredi, 16 novembre 2011

    Musique: Solitude par Viola Martin

    Photos: Matin de janvier par Marie-Sophie 

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