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    Un tout petit ( sur les tables), Yves Drolet

    "Le rêve de Joseph", Gandolfi 1790

     

    Sur les tables  

    Ou l’on esquisse   

    Déjà tant de demain  

    à grand coup de plumes et de peines   

    De tant d’espérances…  

    Portrait dessiné au milieu de la nuit  

    Aux crayons d’azur dans le mirage du rêve  

    Qui se dissiperont inexorablement   

    Aux premières lueurs du jour…

       

    Pourtant on aura dessiné le rêve  

    Ébauché la vie   

    Cogité le monde   

    Adjoignant à l’arc de mes poésies  

    Une autre corde indigne  

    Un autre acte impie   

    Une autre éphémère figure   

    Auquel donnera forme  

    Un autre jour  

    Un autre tour  

    Une autre fois  

    La lune    

    Quand pleine de toutes nos élucubrations   

    Elle aura dérivé pesante vers un demain   

    Qui s’avouera lui-même   

    Fils de nos destins...

       

    Jamais je ne suis né sans rêve  

    Jamais je ne serai sans rêve  

    Jamais je ne serai sans demain  

    Et si la chair est faible l’esprit me retient  

    Et il n’y aura de futur   

    que je n’aurai ébauché de mes mains...  

       

    Sur la table où le soir venant   

    je contemple mes rêves.  

    Il m’arrive parfois de me croire illusions  

    Parfois de me dire que je ne suis qu’un songe  

    Et que tout cela…

    Et pourtant…

    Quand tu pénètres dans la chambre   

    Toi vêtu de toutes les merveilles   

    Nu comme le soleil naissant   

    je sais alors  

    Que le rêve n’est pas   

    ce que je dessine sur ma table  le soir  

    Mais que je sois là   

    Auprès de toi….  

    Et qu’ici est le rêve …

    Et là-bas quelque chose que je ne connais pas…  

       

       

       

    Yves Drolet  

    lundi, 11 mars 2019  

     

     

     

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    Le pauvre, Yves Drolet

     

    Je ne suis qu'un pauvre  

    Qui pleure les heures

    Qui vont s’égrainant sans demeure

       

    L’astre fuyant

    Au firmament

    Jamais ne s’arrête

    Et meurt dans sa course

    Sans jamais savoir ou il va

       

    L’homme

    Comme l’étoile filante

    Parcours le ciel

    Sans jamais ne rien savoir d’ici bas

    Comme l’homme contemple le ciel

    Sans jamais savoir

     

    Regarder la courbe de nos pas

    Considérer le geste

    Presque téméraire d’être ici bas

    Comprenez que demain n’est pas

    Que jamais il ne vient

    Que jamais il ne reste

    Que ne demeure

    Que l’instant d’évoquer son passage

    Qui ensuite se dérobe

    Et nous laisse sans voix.

       

    Je suis le temps

    Que je te dis toi

    le temps

    Je ne suis que le temps de croire

    Et d’inscrire dans le temps

    Moi

    Je suis

    Et ensuite  cette feuille

    Comme la feuille à l’automne

    je vais reverdir la terre de mes ancêtres…

    et disparaître…

       

    Et si un jour par hasard

    quelqu’un, quelque part

    dans le désert des combles

    et des salles silencieuses

    de ces antres

    ou l’on ensevelit l’espace de livres 

    qui ne disent qu’un passé ailleurs

       

    Si un jour quelque part

    Ces mots refont surface

    Alors de nouveau j’existerai

    Limpide comme le cristal de ma conscience

    Qui ne s’ignore

    Et sait le destin de sa brève lumière

       

    Je suis

    Et ensuite vous m’oublierez

    Pour revenir à votre propre moi..

    Et à votre tour vous répéterai avec espoir

    Je suis

    N’ayant aucune illusion, j’espère

    Sauf celle d’être heureux

    Comme moi

    De l’affirmer  face au néant

    Et d’avoir pu

    Lui arracher une seconde de conscience

    Une seconde de LUMIÈRE

    Et d’avoir ÉTÉ

     

       

       

       

       

       

    YVES DROLET

    mercredi 6 mars 2019

     

    mp3 : eternité

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